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Interview de Ad Scientiam dans entreprenons.fr (banque CIC)

Découvrez comment Ad Scientiam s’est fait une place dans le monde très fermé de la santé connectée.

Source : entreprenons.fr, un site de la banque CIC

Question 1 : Bonjour, vous êtes président d’Ad Scientiam, pouvez-vous nous présenter en quelques mots votre parcours et l’entreprise ?

Liouma Tokitsu : Diplômé de l’Epita, j’ai une formation en ingénierie informatique. J’ai eu plusieurs expériences professionnelles très diversifiées, commercial chez Cap Gémini, directeur Informatique dans une autre structure avant d’en prendre la Direction Générale. Cela m’a permis de comprendre quel était mon moteur : j’aime porter des projets, fédérer une équipe et réaliser ce qui semblait inatteignable au départ. La dernière société évoluait dans le monde de la santé. C’est tout naturellement qu’idées et contacts se sont noués.

Ad Scientiam a été lancée en 2013, nous y développons des applications médicales sur smartphone pour permettre aux patients de s’auto-évaluer dans la vie réelle et de transmettre directement ces données aux médecins. Le but est d’améliorer la recherche pour qu’à terme les malades profitent des avancées médicales.

Question 2 : Pouvez-vous nous raconter comment vous avez mûri votre projet ?

LT :La généralisation du smartphone m’a semblé être un élément incontournable de notre société. J’avais envie d’utiliser cette technologie pour répondre aux attentes des médecins que je rencontrais. L’idée de la remontée d’informations directes des patients aux médecins et aux chercheurs a eu un écho très favorable. Créer une société afin de développer des projets avec un véritable intérêt était, pour moi, une évidence. J’aime l’idée de constituer une équipe qui donne le meilleur et qui se bat pour surmonter les obstacles. Participer un peu aux changements dans le monde est très motivant.

« La volonté de changer les choses en conservant le vrai sens scientifique au bénéfice du patient »

Question 3 : Quels ont été vos atouts dans cette aventure ?

LT : Le milieu médical est un milieu complexe. J’ai bénéficié du réseau que j’avais initialement. Les médecins ont de suite montré leur intérêt pour l’idée. Nous avons d’ailleurs eu la chance de pouvoir intégrer la société dans l’incubateur de l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière. On a bénéficié des bureaux mais surtout de l’écosystème dynamique dans le monde de la santé. Nous sommes en permanence au contact des spécialistes et des chercheurs.

Ad Scientiam, c’est surtout une équipe impliquée et passionnée. Il y a des jeunes et des personnes très expérimentées, certaines travaillent même avec nous de façon bénévole. Dans les salariés et les associés, on retrouve des médecins, des pharmaciens, des scientifiques et des informaticiens. Tous ont la volonté de changer les choses en conservant le vrai sens scientifique au bénéfice du patient.

Le partage d’informations est également essentiel pour tisser un réseau relationnel, aussi nous participons à des conférences, à des hackathons1. Par ailleurs, nous avons été accélérés par Startup 42 au sein d’Epita. Je fais aussi partie d’un réseau d’entrepreneurs.

« Développer des contrats avec des « big pharma » pour assoir notre crédibilité »

Question 4 : Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées ?

LT : Nous avons rencontré 2 difficultés. La première est inhérente à notre activité, c’est la lourdeur du réglementaire. Dans le secteur de la santé, il est normal que les activités soient encadrées et contrôlées. Mais les obtentions d’autorisations sont longues et les contraintes réglementaires changent en fonction des pays, ce qui ne facilite pas notre développement.

Bien sûr, nous avons eu besoin de financement et la durée de mise sur le marché d’une application étant en moyenne de 2 ans a rendu notre recherche de financement un peu difficile, même auprès d’établissement institutionnel comme Bpifrance.

Nous avons alors changé d’optique en proposant des contrats de recherche à de grands laboratoires pharmaceutiques. Cela nous a permis de nous financer et d’étendre nos réseaux mais surtout d’assoir notre crédibilité dans ce milieu.

« Nos investisseurs sont de vrais partenaires »

Question 5 : Vous venez de lever des fonds, comment avez-vous procéder ?

LT : En fait, cette levée de fonds n’est pas juste une opération financière, c’est aussi l’occasion pour nous de cibler des partenaires ayant un réseau et des compétences au niveau du conseil en stratégie afin de nous accompagner dans notre développement. Ainsi, nos investisseurs nous mettent en contact avec des professeurs médicaux, spécialistes reconnus dans leur domaine. Ils nous accompagnent également lors de négociations. Ils jouent vraiment un rôle de partenaires.

« Permettre au patient de devenir acteur de sa propre santé »

Question 6 : Si je comprends bien Ad Scientiam est en pleine phase de développement, quelles sont les prochaines étapes ?

LT : Nous mettons sur le marché en septembre 2017 une application destinée aux patients atteints de sclérose en plaque. Ils pourront ainsi transmettre leurs données aux médecins en temps réel. On est en plein dans l’innovation qui participe aux changements de vie d’un patient. C’est une nouvelle façon de gérer la relation médecin–patient. Le patient devient acteur de sa propre santé. Un jour ce type d’application pourrait être pris en charge par la sécurité sociale !

Nous sommes actuellement 9 salariés et 3 stagiaires et nous recrutons encore. D’ailleurs, ce qui fait plaisir ce sont les candidatures spontanées que nous recevons, pour participer à notre aventure !

La prochaine étape, le marché américain qui est une donnée fondamentale dans le monde de la santé. Nous devons nous y développer le plus rapidement possible.

« Être entrepreneur, c’est beaucoup de bon sens et un peu de connaissance dans tous les domaines. »

Question 7 : Pour conclure, quels conseils donneriez-vous aux entrepreneurs qui hésitent à se lancer ?

LT : Aujourd’hui, nous avons en France un formidable écosystème, porteur pour les Startups, avec des aides et de vrais soutiens. C’est assez récent, pourquoi ne pas en profiter ? Les incubateurs représentent une formidable opportunité d’échanges et d’aides. L’entrepreneur ne doit pas rester dans la solitude. Il y a aussi des programmes entièrement gratuits d’accompagnement qui proposent des formations où tous les grands sujets sont abordés comme le Startup Leadership Program.

Alors il ne faut pas hésiter à tenter l’aventure.

1 – Le mot hackathon désigne à la fois le principe, le moment et le lieu d’un événement où un groupe de développeurs volontaires se réunissent pour faire de la programmation informatique collaborative. C’est un processus créatif fréquemment utilisé dans le domaine de l’innovation numérique.

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