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Ad Scientiam dans "Les Echos"

Ad Scientiam, medtech qui développe son application dans le programme de l'Institut du Cerveau et de la Moelle Epinière est l'une des premières startups à arriver à Station F

Toute cette semaine, nous vous proposons de suivre les débuts d'une start-up dans le plus grand incubateur du monde. Aujourd'hui : Ad Scientiam, medtech qui développe son application dans le programme de l'Institut du Cerveau et de la Moelle Epinière.

« Nous avons pour l'instant dix personnes ici, à Station F, explique Liouma Tokitsu, fondateur d'Ad Scientiam. Mais nous avons préféré sécuriser et louer vingt postes de travail. » C'est que start-up incubée à l'Institut du Cerveau et de la Moelle Épinière (ICM), avec déjà vingt collaborateurs et deux millions d'euros levés, est en pleine accélération. Elle s'apprête à lancer sa première application mobile dédiée à la lutte contre la sclérose en plaques, et prévoit de réaliser un chiffre d'affaires de plusieurs millions d'euros en 2018. « L'année prochaine, on explose », prévient Saad Zinaï, le directeur médical. 

Pour Liouma Tokitsu, c'est l'aboutissement de quatre années de recherches intenses. En 2013, cet ingénieur informatique de 41 ans est à la recherche d'un nouveau projet après deux premières expériences entrepreneuriales. Sa route croise alors celle de l'ICM. « En discutant avec les médecins de l'institut, nous nous sommes rendus compte qu'ils avaient besoin de suivre l'évolution de l'état des patients entre deux consultations, relate l'entrepreneur. C'est ainsi qu'est né le projet d'une application pour smartphones permettant de suivre l'évolution de la maladie dans la vie quotidienne, avec un système d'interactions. »

 

L'accompagnement de l'ICM

Depuis quatre ans, la start-up mûrit son projet entre les murs de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, qui héberge l'ICM. La structure ne sélectionne que des jeunes pousses en adéquation avec ses programmes de recherche et encourage les échanges entre ses résidents. « L'incubateur se situe au deuxième étage, le centre d'investigation clinique au premier, détaille Liouma Tokitsu. Nous avons pu développer l'application en itération très rapide, pas seulement pour les médecins mais avec eux. »

« Grâce à quelques exercices - marche, motricité, enregistrement de la voix, évaluation de la vision -, nous enrichissons les informations dont dispose le médecin, ajoute Saad Zinaï. Cela peut être le signal qu'il faut une prise en charge plus importante, par exemple. » 

Un programme particulier à Station F

Pour en arriver là, la start-up a dû faire ses preuves. En contournant la barrière d'usage, d'abord. « Les industriels du secteur de la pharmacie sont des entreprises très normées, paramétrées. Nous avons dû convaincre pour introduire un nouvel objet : le smartphone », rapporte Matthieu Lamy, chargé du développement d'Ad Scientiam aux Etats-Unis. Pour ce faire, la petite entreprise a multiplié les essais cliniques, bien aidée par les infrastructures mises à disposition par l'ICM. Une démarche également nécessaire pour obtenir l'autorisation de mise sur le marché du produit en tant que dispositif médical.

La validation clinique, c'est justement ce sur quoi l'ICM compte insister à Station F. « C'est une étape longue, coûteuse et méthodologiquement très lourde pour les start-up de la santé, expose Alexis Génin, directeur des applications de la recherche à l'ICM. Nous allons faciliter cela en leur fournissant une solution clé en main. » Grâce à une subvention de plusieurs centaines de milliers d'euros du Fonds Européen de Développement Régional, des infrastructures permettront d'assurer la continuité entre la Pitié-Salpêtrière - où se déroule les essais cliniques - et iPEPS, le programme de Station F. 

C'est là-bas, parmi les 110 postes de travail du premier étage de la zone « Create » (l'espace réservé aux start-up), que l'équipe d'Ad Scientiam exploite les données récoltées par son application. Des partenariats avec des sociétés présentes à Station F et spécialisées dans le cloud, comme Microsoft, sont d'ailleurs envisagés. « Nous pensons qu'avec un traitement approfondi de ces data, nous serons capable de détecter beaucoup plus tôt la maladie et de prédire son évolution, avance Liouma Tokitsu. Cela permettra une prise en charge beaucoup plus précoce du patient et augmentera ses chances de survie. » 

Si Station F représente une telle aubaine pour la start-up, c'est aussi parce qu'elle est engagée dans une course contre la montre. « Une fois que les réseaux de médecins et d'associations ont été constitués et que les patients utilisent une première application, c'est très difficile de percer quand on arrive deuxième », prévient Matthieu Lamy. Et dans cette compétition, c'est le premier à s'imposer sur le marché américain - « Là où tous les standards médicaux se font » - qui l'emporte. D'où l'importance pour une start-up européenne de présenter des gages de qualité. « Notre partenariat avec l'ICM était un premier élément différenciantÊtre à Station F nous apporte encore plus de crédibilité »se félicite le chargé de développement commercial.

Le déploiement aux Etats-Unis, via des partenariats de distribution et la captation de données dans le cadre d'études cliniques, interviendra courant 2018. « L'objectif est de convertir plusieurs dizaines milliers d'utilisateurs d'ici 18 mois », annonce Matthieu Lamy. Entre-temps, dix nouveaux collaborateurs viendront enrichir l'équipe pour développer de nouvelles applications, dédiées notamment à la maladie de Parkinson. Ils se répartiront entre Station F et la Pitié-Salpêtrière : « Nous avons la volonté de grandir économiquement, géographiquement, mais de rester ancrés dans l’excellence scientifique de l’ICM », conclut Saad Zinaï. 

 

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